vendredi 29 octobre 2010

Haiti: Senateur Edmonde Beauzile Lettre ouverte aux Collègues Parlementaires des Etats Unis

Port au Prince, 1e juillet 2010


Chers Collègues du Congrès  et du Sénat Américain,

 

La Constitution Haïtienne en vigueur, en ayant consacré le principe de la séparation des pouvoirs systématisé par Montesquieu dès l’année 1748, impose à l’Etat, à ses agents et aux gouvernants le respect de règles de droit. Monsieur René Préval, devenu Président de la République, a juré de faire respecter la loi-mère mais s’en est écarté pourtant tout au long de son mandat et veut maintenant s’en débarrasser en dehors de ce que prévoit la loi. Ainsi, le contexte sociopolitique, on peut le comprendre, s’avère difficile. Le pays s’enlise dans le marasme. Dès la fin de l’année 2009 en effet, la contestation se généralise face à l’entêtement du Président qui, en dépit de son incapacité notoire à gouverner démocratiquement le pays, veut perpétuer son équipe au pouvoir. Mais, assuré de la docilité des neuf membres du Conseil Electoral Provisoire chargé d’organiser les élections, il vient de mettre sur pied un regroupement politique baptisé « Inité » qui utilise les deniers publics pour le financement de ses candidats aux prochaines joutes électorales. Le comportement délétère du Président révolte la simple conscience citoyenne et inquiète le secteur démocratique. La classe politique, les organisations de droits humains, certains parlementaires ont dénoncé sa démarche incivile et grotesque, en sa forme, qui représente à bien analyser une menace attentatoire à l’existence des institutions politiques et une entorse majeure à la démocratie. Aujourd’hui les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire se trouvent concentrés entre les mains d’un seul homme qui pense avoir la bénédiction de la communauté internationale.

 

Chers Collègues Parlementaires, pour illustrer les propos introductifs, les Sénateurs Maxime Roumer, Jean Willy Jean Baptiste, Jean William Jeanty, Youri Latortue,  Evalière Bauplan, Mélius Hyppolite,  Edmonde Supplice Beauzile, ont l’honneur de porter à votre connaissance certains faits perpétrés arbitrairement par le représentant de l’Exécutif Haïtien :

 

1-    Le Président René Préval a révoqué le Conseil Electoral Provisoire de consensus qui avait organisé les élections générales de 2006. Il l’a remplacé par un autre dévoué totalement à sa personne en violation de l’article 289 de la Constitution.

2-    Le Président René Préval a prêté devant l’Assemblée Nationale le serment  tel que stipulé par l’article 135-1 de la Constitution : « Je jure devant Dieu et devant la Nation, d’observer et de faire observer fidèlement la constitution et les lois de la République, de respecter et de faire respecter les droits du peuple haïtien, de travailler à la grandeur de la Patrie, de maintenir l’indépendance nationale et l’intégrité du territoire. » Il a réuni pourtant au Palais National, en décembre 2006, les assassins et les kidnappeurs qui pendant des mois interminables ont établi une zone de non droit à la Capitale, qui ont semé sans inquiétude la terreur au sein de la population, qui ont incendié les maisons, qui ont massacré beaucoup de citoyens paisibles dont le journaliste Jacques Roche, le Directeur de la commission des marchés publics Robert Marcelo en violation dudit article.

3-    Le Président René Préval a déstabilisé le Sénat et la Chambre des Députés en refusant volontairement de respecter les échéances constitutionnelles prévues pour le renouvellement de la chambre des Députés et du tiers du Sénat en violation de l’article 136 de la Constitution.

4-    Le Gouvernement de René Préval n’a pas soumis au parlement les rapports des dépenses en regard des 197 millions et 163 millions, comme prévu par la loi sur l’Etat d’urgence, ce qui confirme l’état de corruption dénoncé par le rapport du département d’Etat Américain.

5-     Le Président René Préval a encouragé son Conseil Electoral Provisoire à écarter sans raison valable le parti Fanmy Lavalas et d’autres partis politiques, à méconnaître le droit de vote des citoyens des départements du Sud et de l’Artibonite lors des élections législatives du 19 Avril 2009. Son Conseil a ignoré systématiquement la victoire aux urnes des candidats Benoit Laguerre et Joseph Anick François pour la concéder à ceux qui ont prêté le serment d’allégeance à sa personne.

6-    Le Président René Préval refuse jusqu’à date de nommer le Président de la Cour de Cassation, de combler les postes vacants à ce niveau en violation de l’article 175 de la Constitution.

7-    Le Président René Préval, disposant d’une majorité servile au Parlement, a bénéficié de la loi d’urgence qui restreint certaines libertés fondamentales et qui lui accorde des pouvoirs exceptionnels pendant dix huit mois en violation de l’article 17, 19, 22, 24, 24-1, 24-2, 24-3, 25, 25-1, 26, 26-1, 26-2, 27, 27-1, 28, 28-1, 28-2, 28-3, 29, 29-1, 30

8-    Le Président René Préval, disposant d’une majorité servile au Parlement, a bénéficié de la LOI PORTANT AMENDEMENT DE L’ARTICLE 232 DE LA LOI ELECTORALE DU 9 JUILLET 2008  qui est une prolongation de son mandat présidentiel en violation de l’article 134-3 de la Constitution.

 

Chers Collègues, le principe de la séparation des pouvoirs est essentiel dans le fonctionnement d’un Etat de droit. Que de luttes menées au XVIIème siècle le plus souvent à l’initiative des parlements pour combattre le pouvoir absolu de droit divin, pour mettre fin à l’absolutisme d’un monarque ! Comment dès lors accepter que Haïti, terre historiquement rebelle à toute forme de barbarie et d’autoritarisme, soit gouvernée par un cynique. Les Sénateurs et Sénatrice apprécient l’empressement avec lequel votre gouvernement déclare vouloir participer à la renaissance de leur pays éprouvé, néanmoins ils  sollicitent urgemment votre appui pour empêcher que l’argent des contribuables américains ne soit utilisé à financer la tenue d’élections frauduleuses susceptibles de conduire le pays dans un séisme politique aigu.

 

Convaincus que vous accorderez votre meilleure attention à la présente et que vous apporterez, en appui à leur préoccupation, votre support inconditionnel, les Sénateurs sus cités  vous prient de transmettre leurs remerciements à votre noble peuple et de recevoir leurs salutations distinguées. 

 

Suivent les signatures des Honorables Sénateurs, Sénatrice

 

Edmonde Supplice Beauzile Jean William Jeanty

 

Jean Willy Jean Baptiste  Maxime Roumer

 

Evalière Bauplan   Mélius Hyppolite

 

Youri Latortue

 

Senateur Edmonde Beauzile: Plan Strategique Plateau Central Haiti

Plan résumé  devant conduire à l’élaboration d’un grand projet de : « Développement social et communautaire d’une région moderne du pays   »

 



1-    Objectif général

 

Transformer  la région du Centre du pays en un département développé capable de créer un sursaut sur le social et les mœurs de chaque individu de ladite région aux fins  de susciter les conditions nécessaires d’une transformation sociale profonde et durable.


II- Objectifs spécifiques

1-    Créer pour le pays un pole de développement économique soutenable et un grenier pour desservir d’autres zones du pays en cas de désastres naturels

 

2-    Construire un aéroport moderne au chef lieu du Département

 

3-    Créer le maximum d’emplois possibles dans la zone par la construction d’infrastructures routières et l’amélioration des voies tertiaires existantes

 

4-    Permettre à la population de bénéficier des services sociaux de base adéquats de manière à participer pleinement à son propre épanouissement social

 

5-    Mettre en place un centre universitaire, avec plusieurs filières tendant vers la formation professionnelle, la formation initiale accessibles aux jeunes des  communes du Plateau central et  pouvant leur permettre  d’intégrer avec compétence  le marché du travail et qui permettront de:

 

a)     créer une pépinière dans des domaines spécifiques capables de rendre disponibles des cadres au niveau tertiaire

b)    mobiliser au moins 20,000 jeunes par an sur des formations de longue, moyenne et  courte durée

c)     faire de l’éducation et la formation professionnelle la plaque tournante du développement et du changement radical de l’homme haïtien

d)    réduire la pression des jeunes haïtiens sur les Universités Dominicaines

 

6-    Préparer un plan d’aménagement du territoire pour chaque commune du département en regard du cadastre  existant aux fins de créer de nouveaux villages en réponse à la nécessité de placer les victimes du séisme du 12 janvier 2010

 

7-    Susciter le besoin d’agglomération et entreprendre la modernisation des conditions de vie des habitants des différentes communes du département par la réhabilitation des taudis, des maisonnettes  en ayant le souci constant que les services sociaux de base sont de proximité

 

8-    Favoriser la production agricole et en faire un pole de développement économique couplé de l’élevage à échelle industrielle

 

9-     Assurer la transformation agro-alimentaire par la formation et par l’investissement dans des infrastructures de base et dans l’accompagnement des couches les plus défavorisées

 

 

III- Activités

 

-       Mise en place d’une équipe centrale devant accompagner la mise en œuvre du grand chantier pendant tout le processus avec implication des structures étatiques nationales et locales

-       Préparation des relevées topographiques de chaque commune

-       Préparation du plan d’urbanisme de chaque commune

-       Enquête et mise à jour des données statistiques de chaque commune

-       Etudes et plans détaillés des différentes interventions en matière d’infrastructures routières et d’infrastructures économiques,

-       Identification des sites et des infrastructures éducatives à construire

-       Préparation d’un plan éducatif répondant aux spécificités de la région

-       Préparation et mise en œuvre d’un plan de développement économique de la commune en regard des potentialités de la région du Bas Plateau

-       Mise en œuvre des différents chantiers spécifiques.

 

IV- Résultats

 

-       Chaque commune est élevée au rang de ville moderne socialement rénovée dans ses pratiques comme dans son sens de responsabilité

-       De nouvelles voies de pénétration sont construites et des infrastructures routières répondant au besoin de développement de ladite commune

-       Les filières économiques sont identifiées et mises à profit pour augmenter le PIB du pays

-       Des enfants de 5 à 12 ans, des jeunes de 12 à 25 ans sont encadrés et orientés tant du point de vue académique que social

-       Chaque agglomération de 5000 personnes a accès aux services sociaux de base et s’approprie des idées novatrices véhiculées dans la communauté

-       Des habitants de la commune ont un habitat décent et participent au developpement de leur communauté

-       La sécurité alimentaire est assurée

-       L’éducation dans toutes ses filières devient la priorité des familles et la porte d’entrée de toutes les activités à entreprendre

-       Chaque citoyen, chaque citoyenne est transformé (e) en agent économique actif

PS : Ce plan est conçu dans la logique de divorcer avec l’ancien registre qui consistait à faire des petits projets par ci et par là sans en bout de piste avoir des résultats d’impact significatifs. Ce qui  laisse le pays dans une précarité telle que la majorité des haïtiens issus du milieu rural abandonnent leur terre pour aller à Port au Prince,  la capitale d’Haïti grossir les gangs, les mendiants,  pour ensuite continuer à perpétuer le cercle de pauvreté aigue.


Existant :   L’espace  territorial – L’Eau  -- l’Electricité (à venir) – Des Ressources humaines ( local et dans la diaspora)

 

 

Senateur Edmonde Beauzile: Discours Inauguration Route de Mirebalais

Monsieur le Ministre des Travaux Publics, Transport et Communication, Monsieur le Représentant de l’Union Européenne, Honorables Parlementaires, Révérend Prêtre et Pasteur, Mesdames, Messieurs,

 

Il y a tout juste cinq ans, la Route Nationale # 3 était difficile d’accès. Le morne à cabris représentait un danger imminent pour les centristes et faisait couler la sueur froide au dos de tout voyageur qui, animé du désir de découvrir le pays,  devait nécessairement passer par là. Il fallait mettre plus de deux heures pour atteindre Mirebalais, la première ville du Plateau, distante de Port-au-Prince de 56 Kilomètres seulement. Le Centre était considéré comme un département marginalisé.

Aujourd’hui, à l’occasion de l’inauguration de cette partie de la Nationale # 3, les habitants du Plateau doivent se sentir émerveillés en se disant peut-être en leur for intérieur qu’ils sont en train de s’engager sur la voie du progrès. Pour ma part, j’estime qu’un pas vient d’être franchi et que la construction de cette partie de la route n’est que le commencement. C’est donc un réel plaisir que j’éprouve ce matin  à être parmi vous et je profite de ce moment pour remercier l’Union Européenne d’avoir octroyé le financement. Un grand merci au gouvernement haïtien qui a assuré la supervision de l’ouvrage. Un grand merci à tous ceux qui ont apporté leur contribution à la réalisation de la route notamment les ouvriers. Je ne serai jamais fatiguée de dire que si aujourd’hui cette route devienne une réalité, c’est grâce à Serge Gilles qui,  avait initié la démarche lors de son mandat de Sénateur du Plateau.   

Mon souhait, c’est de voir tout le Plateau doté d’une infrastructure routière. Il faut la liaison entre le Centre et l’ouest mais à l’intérieur même du département, la ville de Mirebalais doit être reliée aux sections communales, Lascahobas doit se rattacher à Savanette, il faut assurer la liaison entre Savanette et Baptiste. La ville de Hinche doit être en connexion avec les sections communales. L’asphaltage doit conduire au Bassin zim, à Thomassique, aux sources chaudes, à Cerca La source, à tilori. C’est en construisant des routes que les villes et les départements se rapprochent. J’insiste parce que le Centre peut et doit devenir une zone de grandes activités économiques. Les sites touristiques ne manquent pas : Saut d’Eau, Péligre, les sources chaudes, le bassin Zim, les grottes de Lascahobas.  Les paysans et paysannes doivent être en mesure d’écouler leurs denrées alimentaires. Les habitants de Baptiste vendent leur café au prix que les dominicains leur imposent. Ces derniers emportent aussi notre pois congo, notre café, nos volailles parce que nous n’avons pas de route. Il nous en faut parce que  le Centre dispose de richesses naturelles d’importance qui contribueront certainement au bien être de la population. Le Centre a la capacité de se suffire à lui-même et d’étendre ses produits à l’ensemble du pays.

Est-il nécessaire de rappeler à la population du Plateau  le coût du réseau routier estimé à …………. Million d’euros ? Que de fois nous avons négligé de porter attention aux routes.  La nationale # 1 s’est dégradée, il parait que personne ne s’en soucie. C’est la même situation pour l’ensemble du pays. Je vous en parle parce qu’aujourd’hui les autorités locales ont la responsabilité de la route. L’infrastructure routière, comme je viens de vous le dire, contribue au développement d’un pays. Il vous revient donc de la garder jalousement et de faire en  sorte qu’elle ne se dégrade pas. Avant d’être un bien public au service de tous, il appartient à chacun de vous individuellement. Il est de votre devoir de l’entretenir. N’oubliez pas que sous le gouvernement de Henry Namphy, la route Port-au-Prince/Mirebalais était asphaltée. Quelques années ont suffi pour qu’elle tombe en mauvais état.

Monsieur le Représentant de l’Union Européenne, acceptez encore mes remerciements au nom de la population du Plateau Central. Je veux croire que, aujourd’hui, nous sommes sur la bonne route c’est à dire celle qui mène au progrès et au développement. A tous et à toutes, je souhaite une meilleure utilisation de la Route No 3 tout en rappelant aux automobilistes, aux chauffeurs de tap tap, de camions que la route tue et blesse.   

  

Conférence sur le système éducatif Haïtien Prononcée par la Sénatrice Beauzile


Conférence  sur le système éducatif  Haïtien   Boston  26 Avril 2009

Prononcée par la Sénatrice Beauzile  , membre la commission Education du Senat

 

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs

 

Bonsoir a chacun d’entre vous.

 

 

 

 

Pour commencer, je voudrais adresser un message de chaleureuse bienvenue à vous  tous qui avez fait  le déplacement pour donner à ce moment toute sa  grande valeur. J’ai toujours compris   que la mise sur pied d’un dialogue constructif   entre la diaspora et les autorités du pays  est  une démarche  de haute portée appelée à servir  la cause de notre patrimoine commun, la terre de nos ancêtres .

 

  Permettez-moi de vous dire que je ne pourrai, dans aucune forme connue, exprimer l’immense plaisir qui m’habite à l’occasion de cette délicieuse rencontre organisée ici dans cet espace qui a nom : Regie Lewis Center. Je salue, avec tout mon sens  bien poussé des relations avec autrui,  les initiateurs de ce projet qui, dans son essence, transpose sur la terre étrangère une partie du problème qui fait obstacle au développement  de la terre natale : l’éducation. Cela renseigne, s’il en était besoin, de l’attache des citoyens que vous êtes à la terre de vos  origines   ou  à  celle de vos parents. . Vous  signifiez  par ce seul geste vos préoccupations sur les problèmes de la cité  et votre rêve   de la voir se transformer au bénéfice de tous ses fils. Que ce 26 avril  soit le point de départ  de toute une série de rendez vous  pour  réfléchir ensemble de manière intelligente sur notre pays, à  l’instar  des pères fondateurs, nous devons croire en  un futur meilleur d’Haïti. C’est mon rêve de tous les instants et c’est ma seule motivation dans tous mes actes politiques.

.

 Educatrice de formation j’ai longtemps compris que le système éducatif haïtien fait face à un ensemble de contraintes qui contrarie sa vocation  depuis toujours. Devenue senatrice de la république je suis consciente  que le pays a beaucoup à faire  pour  conférer à ce  secteur sa vraie place dans le besoin de reconstruire la patrie qui se trouve de nos  jours  dans  un contexte bien difficile.                

 

Il m’a été demandé dans le cadre de cette causerie  de faire l’état  des lieux du système éducatif  haïtien, son organisation, les problèmes auxquels il fait face et de concevoir la forme idéale que peut prendre la contribution  de la diaspora haïtienne  et des amis  du pays pour  une substantielle amélioration. Tache difficile j’en conviens, je ferai tout mon possible pour être à la hauteur et combler les attentes d’un public bien select que vous formez et qui a droit à des informations pertinentes sur une des structures les plus importantes responsables de la gestion de notre pays.

 

   Haïti un pays particulier

 

  Bien avant de camper le système éducatif haïtien qui est un élément de sa structuration globale il est à mon sens nécessaire de faire une présentation de cet  espace qui  réunit toutes les caractéristiques d’un Pays Moins Avancé et qui se manifestent éloquemment dans toutes les structures de son organisation. Je répète après un analyste qui quelque part  dit : « Toute considération sur l’éducation en Haïti commande  une analyse  globale sur le pays à l’effet de se fixer  sur sa situation.Il s’agit de réfléchir  sur les raisons explicatives  des réalités constatées,la part des  budgets du pays  allouée  à ce secteur et la nécessité  de trouver la bonne formule  pour concevoir  le progrès de la société sur des bases plus scientifiques. Il est grand temps de se dire  qu’aucun changement n’est ni dans les ateliers , ni dans les rues,  il est  à l’école.

 

     Haïti accuse un taux de chômage qui oscille entre 60 et 70%. Le revenu per capita est parmi les plus bas du monde 332,33$/h. La couverture forestière du pays est de moins de 2%. L’espérance de vie est de 52 ans.  L’indice de développement humain  situe Haïti  en 2007  à la 146eme place sur 177 pays. La dette du pays est évaluée à 1,7milliar $. 40% de la population est analphabète. Le Taux de mortalité infantile est de   62,33 pour mille (2008), le plus élevé dans l’hémisphère occidental. 60%de la population,, essentiellement dans les zones rurales, n’ont pas accès aux soins de santé ; dans ce pays on compte 2,7% de médecin pour 10.000 h.

  Le taux de prévalence du sida est près de 5,6% dans les campagnes et jusqu'à 12%  dans les villes

  Les données statistiques qui  caractérisent  notre pays  renvoient à une société qui exprime son incapacité quant à faire face à ses problèmes les plus cruciaux.

     En plus, dans cette société, il existe une très grande disparité dans la distribution des richesses seulement 4%de la population disposent de 65% des ressources, tandis que16%disposent de14% des ressources, le reste de la population possèdent 2%  vivent en dessous du seuil de pauvreté absolue.

     Vers une présentation du système éducatif haïtien

 

  Le système éducatif  haïtien actuel se veut un mélange de conception de  la réforme Bernard (mars 1982) et le plan National d’éducation et de formation (PNEF -1987) .Il comprend : L’éducation préscolaire, l’école fondamentale, (qui remplacerait l’école primaire et les trois premières années du secondaire  traditionnel) la formation professionnelle et l’enseignement supérieur. L’enseignement fondamental  a pour objectif d’amener le maximum d’élèves à un niveau de connaissances générales, scientifiques et techniques par la maîtrise des outils de base essentiels à leur intégration sociale, leur insertion dans la vie active et leur insertion  au niveau du secondaire.

L’enseignement préscolaire s’adresse aux enfants de 3 à 5 ans. Il a pour but de contribuer au développement de la personnalité de l’enfant sous toutes ses formes.

   L’enseignement fondamental est constitué de trois cycles, les deux premiers étant conçus comme le niveau d’éducation de base qui englobe le primaire  et le troisième comme un niveau d’orientation. Le premier cycle comprend quatre  ans d’étude, le deuxième deux ans et le troisième trois ans. La fin du deuxième cycle est sanctionnée par un examen.

  Le troisième cycle général (7eme AF,8eme et 9AF) conduit au diplôme de fin d’études fondamentales

  A la suite d’un examen d’état le jeune âgé de 15 ans rentre  dans un nouveau secondaire divisé en filières classiques et filières  techniques et professionnelles.Le secondaire classique comprend  les lettres,les sciences, les sciences économiques et sociales..Les filières techniques sont composées des branches suivantes : gestion, éducation, techniques industrielles et agricoles.

 L’année académique s’étend sur 10 mois. Les nombreux troubles politiques de 1986 à nos jours ont sévèrement réduit  le temps d’apprentissage (de 1986 à nos jours  l’on ne compte que trois années régulières).

 Vingt sept ans après la conception d’un système appelé à remplacer  l’enseignement   dit traditionnel les réalités globales qui l’entourent  ne permettent de dire  que tout va bien.

Les problèmes d’un système éducatif

  a) Une école qui fonctionne à exclusion

  Selon le dernier recensement mené en Haïti en 2003, les jeunes de moins vingt ans représentent 48% de la population qui se chiffre à 9.445.947 sans compter les 2.5 millions d’haïtiens à l’étranger. De ce nombre, moins de la moitié ont fréquenté un établissement scolaire. Sur l’ensemble de la population âgée de cinq et plus, 37,4%n’ont aucun niveau d’études, 35,2% ont atteint le niveau primaire et 21.5% le niveau secondaire. La proportion  des personnes ayant le niveau universitaire n’est que de 1%. Le système éducatif confronte pas mal de problèmes et des difficultés liés tant qu’a l’accès qu’a la qualité de l’éducation. Le pourcentage  de redoublants reste important tant au niveau  du secteur public qu’a celui du privé. Il est beaucoup plus élevé dans le secteur public ou 24% des élèves de première année sont des redoublants contre 14%seulement au privé. En ce qui concerne le milieu rural, on y trouve18%  d’élèves de 1ere année qui redoublent contre 15% en milieu urbain

 Les  taux de scolarisation des 10-14 restent  plus élevés que ceux des 6 à 9ans Cet accès tardif à l’école qui explique la présence des sur âgés dans les classes du primaire n’est pas neutre  sur la performance du système. Les taux d’abandon et de redoublement, par exemple restent à des niveaux élevés. Le pourcentage d’enfants ayant bouclé un cycle d’études complet diminue, passant de 45%en 1993 à environ 35,5% en 2002, alors que le pourcentage des sur âgés passe de 24,7%en 1996 à un peu plus de 42%. La durée vie  scolaire d’un enfant en moyenne est de 3 années 9 mois ce qui est nettement insuffisant pour lui garantir un bagage suffisant. La déscolarisation précoce des enfants  constitue un enjeu majeur  pour le système  éducatif. On estime  en effet  que seulement deux enfants sur 10 qui entrent en première année du primaire atteindront la 5eme année et encore moins de 2% termineront le secondaire. Selon les données  statistiques  de 1999-2000,21% des enfants de 6 à 9 ans  ne sont jamais allés à l’école. La raison principale évoquée réfère au  fait  que les enfants à cet âge manquent d’autonomie pour parcourir à pied  les nombreux kms séparant  leurs habitations des établissements. La carte scolaire  en Haïti ne correspond pas à des demandes   exprimées selon les besoins géographiques.

   b) Une école gérée par le secteur prive

Le système d’éducation en Haïti se caractérise par un taux élevé d’établissements d’enseignement privé comparé au nombre d’établissements publics. Plus de 65% des écoles du pays appartiennent au secteur privé.Sur les 889.380 écoles du primaire, seulement 320.000 sont inscrits dans les écoles publiques. Au niveau secondaire, le ratio écoles privées \écoles publiques est encore plus élevé qu’au primaire.84% des écoles du secondaire  sont du privé.

   Le secteur privé contrôle 67% des écoles fondamentales, 75% des écoles secondaires, 80% des universités.La privatisation de l’éducation s’accompagne d’une augmentation vertigineuse des frais scolaires. Entre 1993 et 2008  ils augmentent d’environ 60%. C’est la famille qui finance  globalement  l’éducation. Le financement de l’éducation connaît trois sources d’après Serge Petit Frère : l’Etat 7%, les donateurs  étrangers 32%(16%par voie bilatérale, 16% par le biais de ONG) et les familles 61%  avec une part active de la diaspora…

c)Des enseignants non qualifies pour un système éducatif

 Seuls 15% des enseignants engagés ont le profil académique requis pour enseigner. L’ancien ministre de l’éducation Nationale   Merisier 2002 : seuls trois des dix départements   scolaires du pays en 1999  ont pu accuser un taux de réussite  aux examens de 6eme année qui dépasse 50% des effectifs concernés. Ce taux est de 6% dans le département du Nord -0uest.

d) Des infrastructures inappropriées

  Le manque d’infrastructure  scolaire  s’ajoute à la faiblesse générale  de l’infrastructure  nationale, pas assez de locaux ni de routes  pour permettre à  des inspecteurs de visiter régulièrement certaines écoles

e) Une école sans ouvrages scolaires

  L’inexistence ou l’inéquation des manuels  scolaires constitue  une des faiblesses du système. Si au niveau primaire les titres sont bien nombreux, ils ne sont pas  également distribués dans le pays, le secteur urbain  demeure  nettement favorisé. Au niveau secondaire les élèves ne disposent pas d’outils appropries a un enseignement régulier.

f) Des difficultés économiques pour les parents

Le manque de ressources  tant au niveau des ménages qu’au niveau de l’état, mêlé à une instabilité socio politique affectent le système éducatif haïtien. La pauvreté et la marginalisation font  qu’un grand nombre d’enfants haïtiens  ne peuvent jouir de leur droit à l’éducation. Les enfants qui vivent en milieu rural sont les plus touchés. Les filles quoique  plus nombreuses   vont moins à l’école que les  garçons : 49% des filles vont à l’école contre 52%  pour les garçons.

g) Un enseignement supérieur mal pensé

L’enseignement Supérieur prolonge les difficultés du système éducatif haïtien. Le morceau du budget consacre a l’université est dérisoire soit de  1%.Il en est résulté  une inadéquation entre les capacités d’accueil et les demandes des jeunes. Près de 40.000 élèves  passent le baccalauréat 2eme partie pour 4000 places seulement à l’université d’état. Encore  le prive supplée toujours  dans sa logique un peu plus  de maximiser les profits.

 

 

Les réalités du système éducatif  haïtien  permettent de se dire que ce secteur n’est pas un centre d’intérêt manifeste pour l état du pays.Les éléments qui rendent compte de cette analyse sont les suivants :

·      Un morceau bien faible du budget consacré à l’éducation……

De ce faible montant il a été prouvé que 90% sont destinés au paiement du personnel et seulement 10%sont destinés au matériel didactique,à la formation du personnel,aux frais de fonctionnement et de déplacement.

·      Exclusion d’un pourcentage trop grand d’enfant  au processus d’apprentissage.

·      Faiblesse de préparation des enseignants.

·      Absence de contrôle de l’état   des travaux scolaires.

·      Manque exagéré infrastructures scolaires.

·      L’inexistence de matériels scolaires.

·      Un milieu rural totalement défavorisé

·      Le flou de la politique éducative.

·      Le caractère vétuste des lois

  Qu’il me soit permis  a cette phase de la  présentation  de partager avec l’assistance le travail admirable qu’est en train de réaliser la commission d’éducation du parlement pour doter le système  d’un corpus juridique approprié aux réalités nouvelles que commande le développement du système .A ce compte,  des  forums nationaux sont tenus  à ’échelle de tous les  départements  pour  réunir des informations bien pertinentes à l’effet d’enrichir les lois des expériences  de tous les ouvriers de l’éducation .  .  Il est important de regarder l’éducation dans son état actuel comme cause et conséquence de nos drames. Les deux plus grands fléaux qui entravent le développement  de la société sont l’ignorance et la misère. Ils doivent être   combattus. Pays classé dans la catégorie des PMA, il fait face à de nombreux défis d’ordre socio  économique et  environnemental, dégradation des ressources naturelles, de désastres naturels.. L’école représente l’avenir ; elle est le seul moyen d’accès à la culture et symbolise le changement de tout un peuple.

   Réaffirmons que l’éducation est un facteur clé du recul de la pauvreté, de la reconnaissance et de la garantie de la dignité humaine. Elle est un puissant levier de développement. Le droit à l’éducation n’est pas une simple  affaire technique et financière. Il s’inscrit avant tout dans une volonté politique commune de construire  de nouveaux rapports  entre les peuples pour un monde équilibré et solidaire. Le plus sur des enjeux pour le développement de l’équilibre de la société haïtienne demeure  une prise en charge plus responsable  de l’éducation.

 

 

 

 

La contribution de la diaspora.

 Sans vouloir  être pessimiste ,qui n’a rien voir avec ma philosophie existentielle, les réalités qui entourent le système éducatif haïtien ,les conditions qui expliquent le fait sont telles que l’on ne pourra espérer pour demain une amélioration quelconque. A mon humble avis ,sans une transformation profonde de la société, sans un changement  des conditions d’exister de citoyens,sans une augmentation de la production nationale,sans une décentralisation effective, sans une volonté réelle  de la part des dirigeants, sans une augmentation du budget consacré à l’éducation (en 2006-2007 seulement 8.86% du budget, en 2007-2008, 8.61%), sans un choix définitif  d’un système , sans des locaux adéquats,sans des professeurs qualifiés, sans des dirigeants bien imbus de leurs responsabilités,Haïti, la grande terre de la liberté ne pourra connaître des lendemains  positifs et nos enfants n’auront pas un héritage   dont ils seront fiers.

  Le pari est à engager et si nous nous mettons avec détermination,   nous  pourrons créer un espace porteur de toutes les conditions agréables pour tous les fils de la Patrie. Cette démarche doit être accomplie sans aucune exclusion. L’on doit se mettre à chercher toutes les compétences haïtiennes où qu’elles se trouvent pour les intégrer dans une politique de grande vision pour la société. Je veux prendre prétexte de cette rencontre pour lancer  ce qu j’appelle judicieusement : Comité d’experts de la Diaspora. Il sera chargé de canaliser  toutes les idées et initiatives de la diaspora, afin de l’amener à s’engager résolument dans les programmes de reconstruction. La diaspora  compte beaucoup de nos cadres parmi parmi les plus intellectuellement et les mieux techniquement outillés

  J’aime utiliser le mot d’un chercheur sur la diaspora  haïtienne : Nos professeurs d’université, nos médecins spécialisés, nos ingénieurs, nos économistes- beaucoup de  nos compétences sont  sous  exploitées  ou pas exploitées                                                                                   

du tout dans les milieux de la diaspora, alors que les besoins sont immenses en matière reconstruction et   de développement

  Chaque haïtien qui aime son pays doit se sentir interpellé pour donner sa petite ou sa grande contribution à l’édification de notre société nationale.

En attendant le plan global d’intervention, la diaspora pourra, après la mise sur pied d’un comité  légitime conduire des actions ponctuelles  dans des départements –à commencer par le Plateau Central que je représente au sénat. Elles prendraient les formes suivantes :

  • Dons de fournitures scolaires aux enfants défavorisés.
  • Aide à la construction d’écoles dans les milieux ruraux.
  • Aide à l’achat des outils pédagogiques.
  • Accompagnement des enfants dans les zones reculées dans leur scolarité.

 

  Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, j’espère que le temps à m’écouter a servi à apporter éclairage sur le système éducatif haïtien, ses manifestations, ses lacunes. Je  me dirai  que l’objectif de la rencontre aura été atteint lorsque pourra se mobiliser toute la diaspora en vue d’une participation  éclairée à l’œuvre de reconstruction de la seule richesse que nous avons en commun ; Haïti la terre de Dessalines et de Charlemagne Péralte.

    Merci de votre attention. Que s’ouvrent les débats  pour donner à  la rencontre  un caractère plus   participatif. Merci

 

Boston, le 26 avril 2009.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Presentation Haiti 36e Conference du GPA Istanbul 23-24 Octobre 2010

jeudi 5 juillet 2007

UNITY CONFERENCE A ATLANTA: DISCOURS DU SENATEUR EDMONDE BEAUZILE

J’introduis mes propos circonstanciés du jour en empruntant à deux philosophes leurs pensées. La 1ère est de Pierre Joseph Proudhon et je cite : « Tout de même l’état, ce n’est pas seulement la justice, la police, la diplomatie et la guerre, c’est encore une gestion d’intérêts collectifs ».

La 2ème de Pierre Emmanuel se lit de la manière suivante :« Le plus grave désastre qui puisse menacer un peuple, c’est l’indifférence de ses membres à la forme de son souvenir ». Elles rendent compte d’une part de cette absence de gestion intelligente de la société haïtienne depuis toujours et notre forme d’insouciance par rapport à notre avenir de peuple d’autre part.

Chers Compatriotes de l’extérieur,

J’éprouve en ce moment un plaisir certain quant à prendre la parole en face d’un public aussi select composé d’hommes et de femmes professionnels, de rudes travailleurs, d’universitaires vivant en dehors de la terre natale mais bien préoccupés des difficultés de toutes sortes qui la traversent.

Je veux prendre un temps spécial pour remercier l’institution qui m’a associé à cette initiative de grande importance : Rencontre avec la diaspora haïtienne

Permettez que je m’adresse à l’auditoire pour dire que si ma qualité de citoyenne m’interpelle chaque jour sur les affaires de la cité, ma position de femme socialiste, co responsable de la gestion du pays (Vice-Présidente du Sénat de la République) m’impose l’obligation d’œuvrer dans le sens du renouveau nécessaire de la patrie. Toutes mes actions sont orientées dans cette perspective

Mon intervention, dans sa portée, sera double :
1) Une mise en contexte global de la situation du pays
2) Et une réflexion sur ce qui peut être contribution de la diaspora dans le développement du pays.

I- La gestion de la société haïtienne sur longue période 203 années, les politiques qui ont été mises en place par les gouvernements successifs, les batailles stériles de nos différentes élites pour le pouvoir et l’argent ont fait passer la société haïtienne, de ce peuple qui au début du 19ème siècle a étonné positivement l’humanité en écrivant l’une des plus belles pages de l’auto détermination des peuples dans l’histoire universelle à ces agrégats de citoyens évoluant sur un espace qui représente le laboratoire d’expérimentation des nouvelles théories de la dépendance ou de la recolonisation à l’aube du 21ème siècle.

Les données, plus que lamentables, qui dans tous les domaines caractérisent la société invitent certains à évoquer pour tenter de comprendre, de l’inexistence de l’Etat en Haïti. Si j’en parle, ce n’est point pour blesser vos oreilles mais pour partager avec vous les éléments évidents de notre déchéance et la faillite flagrante de nos différentes élites :

a) Le Revenu per capita est parmi les plus bas du monde 250$ H/a
b) 80% de la population haïtienne vit dans le seuil de pauvreté absolue
c) L’espérance de vie est de 47 ans pour les hommes et de 53 pour les femmes
d) Le taux de chômage dépasse 70%
e) Le taux d’alphabétisme est de 65%
f) La couverture forestière est de 1.5% (Haïti est classé dans le monde comme le 2ème le plus dangereux pour la qualité de son environnement.
g) La mortalité infantile est de 37 pour mille le plus élevé de toute la région
h) En cette année 2007, 31.000 élèves passent le bacc 2ème partie pour une capacité d’accueil à l’université d’Etat de moins de 5000 places.
i) Avec un médecin pour 10.000 habitants une infirmière pour 8.000 la santé est un luxe.

Nous avons affaire, à un état fantomatique dit un observateur, avec des dirigeants qui ne dirigent pas, sans prise réelle sur les problèmes nationaux, sans projet particulier, peut être parfois sans connaissance de l’état général du pays et sans volonté manifeste d’intervenir. Les fonctions minimales de gestion du bien commun, au nom de l’intérêt général du pays, ne sont pas remplies. Jean Price Mars qui avait écrit au début des années 1960: « la vocation de l’élite » pour exprimer le rôle qu’elle est appelée à jouer dans la transformation de la société constaterait aujourd’hui avec amertume sa démission évidente.

Les choses ont empiré au point que le pays depuis trop longtemps ne génère plus suffisamment de revenus pour prendre en charge le destin de tous ses enfants. Et la terre d’exil ne correspond plus à un choix délibéré mais plutôt à une sorte d’imposition que certains doivent vivre très douloureusement.

II- Georges Anglade : Le très éminent géographe haïtien évoque le chiffre de 4.000.000 pour dire de la qualité d’Haïtiens dispersés à travers le monde. Le chiffre, s’il se révèle conforme à la réalité ferait de la diaspora haïtienne l’une des plus importantes du monde. Son apport à l’économie nationale est incontestable. La BID l’a évalué à 1 milliard 600 million de dollards.

Pour autant, je ne partage pas l’idée exclusive d’apport économique de la diaspora au pays, comme certains le claironnent pour justifier une quelconque considération sur son rôle dans le devenir de la société. Cela semble dire que le contraire ne rendrait pas la diaspora méritoire.

Rendre plutôt justice enfin tant à des hommes qu’à des femmes qui ne demandent qu’à se servir, qu’à mettre leur compétence au service de leur pays forge ma conviction intime sur la question. Il est évident qu’il faut se donner la bonne formule pour une représentation plus en harmonie aux besoins du pays bien en dehors de celle dite cosmétique, il faut bien l’admettre, qui jusque la conduit les relations entre différents pouvoirs et la communauté haïtienne de l’étranger.

J’ai toujours, dans le cadre des réflexions sur la diaspora exprimer l’idée que l’on ne pourra dans le désordre administratif actuel du pays tirer avantage du savoir faire largement exprimé de bon nombre de compatriotes. Je l’ai toujours conçu dans le cadre d’un programme de gouvernement bien défini, lorsque les besoins en ressources humaines auront identifiés et mis au service du pays bien évidemment en réfléchissant sur la finalité administrative à atteindre. Le passage d’une administration traditionnelle à une dite moderne nécessite l’expérience pratique de la diaspora haïtienne. Il s’agit d’une impérative historique de démocratisation politique, la construction d’une nouvelle société plus en harmonie aux grandes valeurs de justice et de respect des droit de l’homme.

Concernant le problème de la double nationalité consacrée par la constitution de 1987 dans son article 15 : « La double nationalité haïtienne et étrangère n’est admise en aucun cas. »

Autour de ce point important, objet de larges débats j’ai, avec des collègues parlementaires députés et sénateurs, établi des pourparlers pour dégager la nécessité d’amender, selon une formule consensuelle ce dit article et ouvrir ainsi la voie à la double nationalité à ces citoyens qui dans bien des cas n’ont pas choisi sans contrainte la nationalité étrangère. C’est mon point de vue exprimé bien avant l’intervention du jour : La diaspora haïtienne doit participer plus activement à la gestion de la société. Toutefois, tout comme cela s’est passé pour notre compatriote Michaelle JEAN actuelle gouverneur du canada avant l’occupation de certaines fonctions politiques députés, sénateurs, président il faudra renoncer à la nationalité étrangère.

Je terminerai mes propos avec quelques tristesse dans la voix pour partager avec vous une information que certains d’entre vous peuvent bien savoir déjà. Elle concerne une série d’artistes américains tant dans le monde de la musique de la mode que du cinéma portant des origines haïtiennes et qui ont mis un grand secret à les cacher.
Ces artistes ont pour nom
Beyoncé Knowles une ancienne de Destiny Child (un groupe de musique) sa grand-mère maternelle est haïtienne
Denzel Washington
Sidney Poitier son père est haïtien
Will Smith de son vrai nom Willard Christopher SmithJr sa mère est haïtienne et se prénomme Caroline
Eddy Murphy
Un certain nombre de rappeurs noirs bien connus du monde du show biz aux USA et à travers le monde sont également d’ascendance haïtienne. Citons entre autres Fifty(50)Cents, Calvin Cordozar, Broadus alias Snoop Doggy et LL Cool J etc.
Ces informations sont tirées du Journal « Le Matin » mardi 5 juin 2007 dont l’adresse électronique est  HYPERLINK "mailto:info@lematinhaiti.com" info@lematinhaiti.com
Je dois vous avouer que cette lecture ajoutée à ma conviction de départ m’ont rendu plus déterminé quant à participer à cette bataille pour l’émergence d’un sursaut national entrainant dans une grande combite tous les haïtiens partout où ils peuvent se trouver pour l’édification d’une société porteuse de fierté et de dignité pour tous les ressortissants. C’est la meilleure façon de rendre hommage à Jacques ROUMAIN en dehors des manifestations simplement artistiques et culturelles.

A mon sens, le caractère des choix politiques à faire doit constituer une rupture avec certaines pratiques des régimes précédents et s’accompagner de la mise en œuvre d’une nouvelle politique de développement économique. Toute stratégie doit consister en des actions ayant un impact immédiat sur l’amélioration des conditions de vie des populations démunies du pays. Les engagements formels de la communauté haïtienne et de la diaspora sont nécessaires pour attendre les objectifs suivants :
1) La réactivation de l’économie nationale
2) la lutte contre le chômage et le sous emploi
3) l’extension de l’éducation.
Pour y arriver les conditions suivantes sont plus qu’obligatoires : une bonne politique fiscale, une lutte en règle contre la corruption et une bonne gouvernance.
La société nouvelle que tous les haïtiens appellent de tous leurs vœux j’y crois et vous demande de partager mon optimiste actif. Merci.