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dimanche 4 mars 2012

Rencontre entre La Senateure Edmonde Beauzile et le Reseau Mondial des Femmes de Vital Voices



Plusieurs seances de travail se sont tenues entre la Senateure Edmonde Beauzile, Madame Danielle Saint Lot Presidente de Femmes en Democratie, Barbara Guillaume et le reseau mondial femmes Vital Voices http://www.vitalvoices.org/ presidee par la Secretaire d'Etat Hilary Clinton. Au cours des seances de travail lee point a ete fait sur la situation des femmes Haitiennes apres le tremblement de terre et les startegies et ressources necessaires pour les assister. Au niveau politique la question de la representation des femmes qui sont 56% de la population a ete aussi au menu. Les discussions ont ete fructueuses et les prochaines etapes et actions definies.

Visite du Senateure Edmonde Beauzile a Washington pour Discuter des Priorites Haitiennes




















La Senateure Edmonde a visite le Senat des Etats Unis pour renforcer les relations avec le Senat de la Republique d'Haiti. Au cours des rencontres avec les senateurs Bill Nelson et Mary Landrieu la Senateur Beauzile a discute des differents parametres de developpement economique et de l'assistance humanitaire suite au tremblement de terre du 12 Janvier 2010. Le renforcement de l'efficacite de l'aide externe, les supports aux


populations vulnerables, femmes, enfants, vieillards, les dossiers corruption, drogue, education, agriculture etaient au menu des dicsussions. La Senateure Beauzile etait accompagne de Madame Danielle Saint Lot, Presidente de Femmes en Democratie, Madame Barbara Guillaume et de l'Ambassadeur Stanley Lucas, Conseiller Special du President Martelly pour les Relations Internationales, les Investissements Directs, l'Aide Externe et la Diaspora.


vendredi 29 octobre 2010

Senateur Edmonde Beauzile: Discours Inauguration Bibliotheque pour les Jeunes a Mirebalais Haiti

Depuis 2004 , pour avoir été celle qui avait élaboré le programme de formation des enseignants du fondamental, présenté le profil des enseignants selon une approche par compétence, j’ ai compris que le dispositif idéal pour la formation continue ne pouvait pas être mis en place dans un moyen terme. Ainsi je me suis mis à réfléchir sur les NTIC pour voir de quelle façon ces technologies pourraient contribuer à suppléer aux carences et à l’absence des centres de formation. J’ai monté un projet en ce sens, surtout dans ses aspects méthodologiques, la gama une entreprise de Port au Prince m’a aidé à le compléter dans ses aspects techniques.

Devenue Sénatrice, il a fallu explorer toutes les pistes de financement en vue de rendre opérationnelles les visées d’une spécialiste en éducation tout en écartant pas la nécessité du présentiel. Cette démarche a trouve son impératif par le fait que dans mes rencontres avec des jeunes du lycée, des élèves étaient préoccupés par leur formation et par le taux d’échec accru au sein dudit lycée. J’ai ainsi entrepris de faire venir des professeurs des grands établissements de PauP, ce qui coutait cher pour mon portefeuille et qui n’était que du pansement  très provisoire. Mais ceci avait comme résultats d’augmenter le nombre de réussis mais ne portait pas bien les enseignants. Voila d’où est parti l’idée en urgence de mettre en œuvre la mise en place d’un centre multimédia avec pour mobile :

1-      Formation continue des enseignants

2-     Auto – Formation des élèves

3-     Formation des élèves à partir des documentaires

Seule la coopération taïwanaise a répondu à ma demande de mise en place des premiers 3 centres mais en commençant par celui de Mirebalais accepte-elle, et les autres viendront après selon ce qu’il donnera comme résultats pour améliorer la qualité de l’éducation dans la zone. Toute contente je sui venue rencontrer Yves Germain pour lui proposer de m’accompagner dans la mise en œuvre de ce projet. Il m’accueille en disant tu ne peux pas mettre un tel centre au lycée, il y a plusieurs écoles privées qui auront beaucoup de difficultés à le fréquenter. Il en a profite pour me dire, moi de même avec l’appui de Paul-Marie j’ai déjà monte un plan pour réhabiliter la bibliothèque municipale. Il a le plan moi j’avais déjà mobilise l’argent… tout a donc démarré ainsi. La décision est donc prise ce soir la d’inviter la coopération à faire une visite des lieux, d’informer l’organisation dont Yves est membre, le Rotary et ensuite la mairie.

Comme prévu, nous nous sommes mis au travail, c’était pas facile, nos ambitions dépassaient l’argent mobilisé , soit dans un premier temps $26,000 de Taiwan, ensuite 15,000 puis 40,000. 1 million du ministère du Plan. Les travaux de finition étaient les plus difficiles car aucun fond n’était disponible, c’est ainsi que FATEM a été sollicité , l’infatigable Jacky au nom de l’organisation a pu apporter une contribution de $1200, puis a pu mobiliser $15,000 d’ une organisation américaine Zinga. Père Lafontant a contribué a hauteur de 25,000 gdes, Feu Sénateur Jacques Wibert 30,000 gdes, 50 sacs de ciment de CINA.  Nous venons de recevoir 50 chaises de la compagnie Ghella, ainsi de 3 climatiseurs 1200BTU,2 climatiseurs de Yves Coles Dans cet inventaire ma contribution et celle de Yves ne sont pas comptabilisées.

L’œuvre est là, elle porte le nom de «  bibliothèque municipale Rosalie Bosquet Adolphe » ce pour plusieurs raisons, elle est la première personnalité de la ville celle que les mirebalaisiens seraient loin d’oublier pour son dévouement incommensurable au développement de sa ville natale. Elle était celle qui avait construit la bibliothèque qui a été démolie de même que toutes les infrastructures modernes de la ville. Elle aussi une macoute, commandant de la milice nationale elle l’avait assumé jusqu’au bout. Elle était fière de garder la ligne qu’elle s’était donnée comme pédagogue, ancienne duboisienne ayant parachevé en France ses études en bibliothéconomie  pardessus,  allait jusqu'à mettre en garde à vue les parents qui refusaient d’envoyer leurs enfants au lycée qu’elle avait fait construire. Toutefois il nous faut souligner que si elle reste célèbre aux yeux des Mirebalaisiens, au niveau national elle n’est pas aimé pour son passé et ses responsabilités au coté des Duvalier, voila pourquoi je vous dis que j’assume avec vous le fait de vouloir la vénérer tout en disant  qu’il ne faut jamais oublier le passé car il doit nous dicter l’aujourd’hui pour pouvoir mieux préparer le futur.

Ou  sommes- nous, Fatem  par ses démarches a pu faire venir quelques boites de livres, mais ils sont loin de répondre des besoins de la bibliothèque, le comite de gestion  aura du pain sur la planche, il devra mobiliser tous les fils et toutes les filles de Mirebalais pour l’organiser.

Gama consulting, qui a eu le contrat de mise en place du centre multimédia, prendra en charge l’encadrement technique pendant un an ainsi que l’alimentation en internet, la mise en place de programme d’autoformation des enseignants. Apres le comite de gestion devra être capable de faire marcher ce centre et utiliser à profit les acquis transmis par Gama.

Je veux vous dire, chers invités, que tout ce que je viens de vous annoncer n’aurait pu prendre corps sans l’engagement pris des le premier jour par un homme, un seul à qui je dis merci, merci pour son amour pour la ville de mirebalais, a l’instar de Rosalie, un bâtiment un jour devra porter ton non, il s’agit de Yves Germain.

Merci à vous tous, vous toutes qui d’une façon ou d’une autre ont contribué pour que ce projet devienne réalité. Merci a la coopération Taïwanaise , a l’Ambassadeur ici présent, pour son apport substantiel a la concrétisation de ce rêve, et pour les autres centres qu’il va nous aider a construire.

Merci à Laura Pincus, elle est rentrée spécialement pour nous apporter son soutien moral, elle apporte a FATEM toute sa dynamique, c’est grâce a son support que Fatem ait pu bénéficier du financement de ZINGA.

Merci aux Boss, merci a Mackenzy, Lesner et Ulrick, merci a tous. Un merci spécial a Monseigneur St Hillien qui nous a honoré de sa présence.

Merci a madame la ministre Lassègue,meme si elle n’est pas la, mais pour tout ce qu’elle va faire pour inciter les instances gouvernementales concernées à accompagner la pérennisation d’un tel projet et sa réplication  à travers le pays à un moment ou les bibliothèques se meurent et ont besoin d’un regain de bonne foi. Pour que le CLAC puisse devenir réalité au Plateau, toutes les communes du Plateau ont besoin d’une telle structure, Belladère est prête à l’accueillir, le bâtiment est fin pret, puis Hinche, le chef lieu du département qui nécessite en urgence une telle structure, un autre défi qu’on se donne.

 

Merci encore, c’était long mais nécessaire.

Senateur Edmonde Beauzile: Plan Strategique Plateau Central Haiti

Plan résumé  devant conduire à l’élaboration d’un grand projet de : « Développement social et communautaire d’une région moderne du pays   »

 



1-    Objectif général

 

Transformer  la région du Centre du pays en un département développé capable de créer un sursaut sur le social et les mœurs de chaque individu de ladite région aux fins  de susciter les conditions nécessaires d’une transformation sociale profonde et durable.


II- Objectifs spécifiques

1-    Créer pour le pays un pole de développement économique soutenable et un grenier pour desservir d’autres zones du pays en cas de désastres naturels

 

2-    Construire un aéroport moderne au chef lieu du Département

 

3-    Créer le maximum d’emplois possibles dans la zone par la construction d’infrastructures routières et l’amélioration des voies tertiaires existantes

 

4-    Permettre à la population de bénéficier des services sociaux de base adéquats de manière à participer pleinement à son propre épanouissement social

 

5-    Mettre en place un centre universitaire, avec plusieurs filières tendant vers la formation professionnelle, la formation initiale accessibles aux jeunes des  communes du Plateau central et  pouvant leur permettre  d’intégrer avec compétence  le marché du travail et qui permettront de:

 

a)     créer une pépinière dans des domaines spécifiques capables de rendre disponibles des cadres au niveau tertiaire

b)    mobiliser au moins 20,000 jeunes par an sur des formations de longue, moyenne et  courte durée

c)     faire de l’éducation et la formation professionnelle la plaque tournante du développement et du changement radical de l’homme haïtien

d)    réduire la pression des jeunes haïtiens sur les Universités Dominicaines

 

6-    Préparer un plan d’aménagement du territoire pour chaque commune du département en regard du cadastre  existant aux fins de créer de nouveaux villages en réponse à la nécessité de placer les victimes du séisme du 12 janvier 2010

 

7-    Susciter le besoin d’agglomération et entreprendre la modernisation des conditions de vie des habitants des différentes communes du département par la réhabilitation des taudis, des maisonnettes  en ayant le souci constant que les services sociaux de base sont de proximité

 

8-    Favoriser la production agricole et en faire un pole de développement économique couplé de l’élevage à échelle industrielle

 

9-     Assurer la transformation agro-alimentaire par la formation et par l’investissement dans des infrastructures de base et dans l’accompagnement des couches les plus défavorisées

 

 

III- Activités

 

-       Mise en place d’une équipe centrale devant accompagner la mise en œuvre du grand chantier pendant tout le processus avec implication des structures étatiques nationales et locales

-       Préparation des relevées topographiques de chaque commune

-       Préparation du plan d’urbanisme de chaque commune

-       Enquête et mise à jour des données statistiques de chaque commune

-       Etudes et plans détaillés des différentes interventions en matière d’infrastructures routières et d’infrastructures économiques,

-       Identification des sites et des infrastructures éducatives à construire

-       Préparation d’un plan éducatif répondant aux spécificités de la région

-       Préparation et mise en œuvre d’un plan de développement économique de la commune en regard des potentialités de la région du Bas Plateau

-       Mise en œuvre des différents chantiers spécifiques.

 

IV- Résultats

 

-       Chaque commune est élevée au rang de ville moderne socialement rénovée dans ses pratiques comme dans son sens de responsabilité

-       De nouvelles voies de pénétration sont construites et des infrastructures routières répondant au besoin de développement de ladite commune

-       Les filières économiques sont identifiées et mises à profit pour augmenter le PIB du pays

-       Des enfants de 5 à 12 ans, des jeunes de 12 à 25 ans sont encadrés et orientés tant du point de vue académique que social

-       Chaque agglomération de 5000 personnes a accès aux services sociaux de base et s’approprie des idées novatrices véhiculées dans la communauté

-       Des habitants de la commune ont un habitat décent et participent au developpement de leur communauté

-       La sécurité alimentaire est assurée

-       L’éducation dans toutes ses filières devient la priorité des familles et la porte d’entrée de toutes les activités à entreprendre

-       Chaque citoyen, chaque citoyenne est transformé (e) en agent économique actif

PS : Ce plan est conçu dans la logique de divorcer avec l’ancien registre qui consistait à faire des petits projets par ci et par là sans en bout de piste avoir des résultats d’impact significatifs. Ce qui  laisse le pays dans une précarité telle que la majorité des haïtiens issus du milieu rural abandonnent leur terre pour aller à Port au Prince,  la capitale d’Haïti grossir les gangs, les mendiants,  pour ensuite continuer à perpétuer le cercle de pauvreté aigue.


Existant :   L’espace  territorial – L’Eau  -- l’Electricité (à venir) – Des Ressources humaines ( local et dans la diaspora)

 

 

Senateur Edmonde Beauzile: Discours Inauguration Route de Mirebalais

Monsieur le Ministre des Travaux Publics, Transport et Communication, Monsieur le Représentant de l’Union Européenne, Honorables Parlementaires, Révérend Prêtre et Pasteur, Mesdames, Messieurs,

 

Il y a tout juste cinq ans, la Route Nationale # 3 était difficile d’accès. Le morne à cabris représentait un danger imminent pour les centristes et faisait couler la sueur froide au dos de tout voyageur qui, animé du désir de découvrir le pays,  devait nécessairement passer par là. Il fallait mettre plus de deux heures pour atteindre Mirebalais, la première ville du Plateau, distante de Port-au-Prince de 56 Kilomètres seulement. Le Centre était considéré comme un département marginalisé.

Aujourd’hui, à l’occasion de l’inauguration de cette partie de la Nationale # 3, les habitants du Plateau doivent se sentir émerveillés en se disant peut-être en leur for intérieur qu’ils sont en train de s’engager sur la voie du progrès. Pour ma part, j’estime qu’un pas vient d’être franchi et que la construction de cette partie de la route n’est que le commencement. C’est donc un réel plaisir que j’éprouve ce matin  à être parmi vous et je profite de ce moment pour remercier l’Union Européenne d’avoir octroyé le financement. Un grand merci au gouvernement haïtien qui a assuré la supervision de l’ouvrage. Un grand merci à tous ceux qui ont apporté leur contribution à la réalisation de la route notamment les ouvriers. Je ne serai jamais fatiguée de dire que si aujourd’hui cette route devienne une réalité, c’est grâce à Serge Gilles qui,  avait initié la démarche lors de son mandat de Sénateur du Plateau.   

Mon souhait, c’est de voir tout le Plateau doté d’une infrastructure routière. Il faut la liaison entre le Centre et l’ouest mais à l’intérieur même du département, la ville de Mirebalais doit être reliée aux sections communales, Lascahobas doit se rattacher à Savanette, il faut assurer la liaison entre Savanette et Baptiste. La ville de Hinche doit être en connexion avec les sections communales. L’asphaltage doit conduire au Bassin zim, à Thomassique, aux sources chaudes, à Cerca La source, à tilori. C’est en construisant des routes que les villes et les départements se rapprochent. J’insiste parce que le Centre peut et doit devenir une zone de grandes activités économiques. Les sites touristiques ne manquent pas : Saut d’Eau, Péligre, les sources chaudes, le bassin Zim, les grottes de Lascahobas.  Les paysans et paysannes doivent être en mesure d’écouler leurs denrées alimentaires. Les habitants de Baptiste vendent leur café au prix que les dominicains leur imposent. Ces derniers emportent aussi notre pois congo, notre café, nos volailles parce que nous n’avons pas de route. Il nous en faut parce que  le Centre dispose de richesses naturelles d’importance qui contribueront certainement au bien être de la population. Le Centre a la capacité de se suffire à lui-même et d’étendre ses produits à l’ensemble du pays.

Est-il nécessaire de rappeler à la population du Plateau  le coût du réseau routier estimé à …………. Million d’euros ? Que de fois nous avons négligé de porter attention aux routes.  La nationale # 1 s’est dégradée, il parait que personne ne s’en soucie. C’est la même situation pour l’ensemble du pays. Je vous en parle parce qu’aujourd’hui les autorités locales ont la responsabilité de la route. L’infrastructure routière, comme je viens de vous le dire, contribue au développement d’un pays. Il vous revient donc de la garder jalousement et de faire en  sorte qu’elle ne se dégrade pas. Avant d’être un bien public au service de tous, il appartient à chacun de vous individuellement. Il est de votre devoir de l’entretenir. N’oubliez pas que sous le gouvernement de Henry Namphy, la route Port-au-Prince/Mirebalais était asphaltée. Quelques années ont suffi pour qu’elle tombe en mauvais état.

Monsieur le Représentant de l’Union Européenne, acceptez encore mes remerciements au nom de la population du Plateau Central. Je veux croire que, aujourd’hui, nous sommes sur la bonne route c’est à dire celle qui mène au progrès et au développement. A tous et à toutes, je souhaite une meilleure utilisation de la Route No 3 tout en rappelant aux automobilistes, aux chauffeurs de tap tap, de camions que la route tue et blesse.   

  

Conférence sur le système éducatif Haïtien Prononcée par la Sénatrice Beauzile


Conférence  sur le système éducatif  Haïtien   Boston  26 Avril 2009

Prononcée par la Sénatrice Beauzile  , membre la commission Education du Senat

 

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs

 

Bonsoir a chacun d’entre vous.

 

 

 

 

Pour commencer, je voudrais adresser un message de chaleureuse bienvenue à vous  tous qui avez fait  le déplacement pour donner à ce moment toute sa  grande valeur. J’ai toujours compris   que la mise sur pied d’un dialogue constructif   entre la diaspora et les autorités du pays  est  une démarche  de haute portée appelée à servir  la cause de notre patrimoine commun, la terre de nos ancêtres .

 

  Permettez-moi de vous dire que je ne pourrai, dans aucune forme connue, exprimer l’immense plaisir qui m’habite à l’occasion de cette délicieuse rencontre organisée ici dans cet espace qui a nom : Regie Lewis Center. Je salue, avec tout mon sens  bien poussé des relations avec autrui,  les initiateurs de ce projet qui, dans son essence, transpose sur la terre étrangère une partie du problème qui fait obstacle au développement  de la terre natale : l’éducation. Cela renseigne, s’il en était besoin, de l’attache des citoyens que vous êtes à la terre de vos  origines   ou  à  celle de vos parents. . Vous  signifiez  par ce seul geste vos préoccupations sur les problèmes de la cité  et votre rêve   de la voir se transformer au bénéfice de tous ses fils. Que ce 26 avril  soit le point de départ  de toute une série de rendez vous  pour  réfléchir ensemble de manière intelligente sur notre pays, à  l’instar  des pères fondateurs, nous devons croire en  un futur meilleur d’Haïti. C’est mon rêve de tous les instants et c’est ma seule motivation dans tous mes actes politiques.

.

 Educatrice de formation j’ai longtemps compris que le système éducatif haïtien fait face à un ensemble de contraintes qui contrarie sa vocation  depuis toujours. Devenue senatrice de la république je suis consciente  que le pays a beaucoup à faire  pour  conférer à ce  secteur sa vraie place dans le besoin de reconstruire la patrie qui se trouve de nos  jours  dans  un contexte bien difficile.                

 

Il m’a été demandé dans le cadre de cette causerie  de faire l’état  des lieux du système éducatif  haïtien, son organisation, les problèmes auxquels il fait face et de concevoir la forme idéale que peut prendre la contribution  de la diaspora haïtienne  et des amis  du pays pour  une substantielle amélioration. Tache difficile j’en conviens, je ferai tout mon possible pour être à la hauteur et combler les attentes d’un public bien select que vous formez et qui a droit à des informations pertinentes sur une des structures les plus importantes responsables de la gestion de notre pays.

 

   Haïti un pays particulier

 

  Bien avant de camper le système éducatif haïtien qui est un élément de sa structuration globale il est à mon sens nécessaire de faire une présentation de cet  espace qui  réunit toutes les caractéristiques d’un Pays Moins Avancé et qui se manifestent éloquemment dans toutes les structures de son organisation. Je répète après un analyste qui quelque part  dit : « Toute considération sur l’éducation en Haïti commande  une analyse  globale sur le pays à l’effet de se fixer  sur sa situation.Il s’agit de réfléchir  sur les raisons explicatives  des réalités constatées,la part des  budgets du pays  allouée  à ce secteur et la nécessité  de trouver la bonne formule  pour concevoir  le progrès de la société sur des bases plus scientifiques. Il est grand temps de se dire  qu’aucun changement n’est ni dans les ateliers , ni dans les rues,  il est  à l’école.

 

     Haïti accuse un taux de chômage qui oscille entre 60 et 70%. Le revenu per capita est parmi les plus bas du monde 332,33$/h. La couverture forestière du pays est de moins de 2%. L’espérance de vie est de 52 ans.  L’indice de développement humain  situe Haïti  en 2007  à la 146eme place sur 177 pays. La dette du pays est évaluée à 1,7milliar $. 40% de la population est analphabète. Le Taux de mortalité infantile est de   62,33 pour mille (2008), le plus élevé dans l’hémisphère occidental. 60%de la population,, essentiellement dans les zones rurales, n’ont pas accès aux soins de santé ; dans ce pays on compte 2,7% de médecin pour 10.000 h.

  Le taux de prévalence du sida est près de 5,6% dans les campagnes et jusqu'à 12%  dans les villes

  Les données statistiques qui  caractérisent  notre pays  renvoient à une société qui exprime son incapacité quant à faire face à ses problèmes les plus cruciaux.

     En plus, dans cette société, il existe une très grande disparité dans la distribution des richesses seulement 4%de la population disposent de 65% des ressources, tandis que16%disposent de14% des ressources, le reste de la population possèdent 2%  vivent en dessous du seuil de pauvreté absolue.

     Vers une présentation du système éducatif haïtien

 

  Le système éducatif  haïtien actuel se veut un mélange de conception de  la réforme Bernard (mars 1982) et le plan National d’éducation et de formation (PNEF -1987) .Il comprend : L’éducation préscolaire, l’école fondamentale, (qui remplacerait l’école primaire et les trois premières années du secondaire  traditionnel) la formation professionnelle et l’enseignement supérieur. L’enseignement fondamental  a pour objectif d’amener le maximum d’élèves à un niveau de connaissances générales, scientifiques et techniques par la maîtrise des outils de base essentiels à leur intégration sociale, leur insertion dans la vie active et leur insertion  au niveau du secondaire.

L’enseignement préscolaire s’adresse aux enfants de 3 à 5 ans. Il a pour but de contribuer au développement de la personnalité de l’enfant sous toutes ses formes.

   L’enseignement fondamental est constitué de trois cycles, les deux premiers étant conçus comme le niveau d’éducation de base qui englobe le primaire  et le troisième comme un niveau d’orientation. Le premier cycle comprend quatre  ans d’étude, le deuxième deux ans et le troisième trois ans. La fin du deuxième cycle est sanctionnée par un examen.

  Le troisième cycle général (7eme AF,8eme et 9AF) conduit au diplôme de fin d’études fondamentales

  A la suite d’un examen d’état le jeune âgé de 15 ans rentre  dans un nouveau secondaire divisé en filières classiques et filières  techniques et professionnelles.Le secondaire classique comprend  les lettres,les sciences, les sciences économiques et sociales..Les filières techniques sont composées des branches suivantes : gestion, éducation, techniques industrielles et agricoles.

 L’année académique s’étend sur 10 mois. Les nombreux troubles politiques de 1986 à nos jours ont sévèrement réduit  le temps d’apprentissage (de 1986 à nos jours  l’on ne compte que trois années régulières).

 Vingt sept ans après la conception d’un système appelé à remplacer  l’enseignement   dit traditionnel les réalités globales qui l’entourent  ne permettent de dire  que tout va bien.

Les problèmes d’un système éducatif

  a) Une école qui fonctionne à exclusion

  Selon le dernier recensement mené en Haïti en 2003, les jeunes de moins vingt ans représentent 48% de la population qui se chiffre à 9.445.947 sans compter les 2.5 millions d’haïtiens à l’étranger. De ce nombre, moins de la moitié ont fréquenté un établissement scolaire. Sur l’ensemble de la population âgée de cinq et plus, 37,4%n’ont aucun niveau d’études, 35,2% ont atteint le niveau primaire et 21.5% le niveau secondaire. La proportion  des personnes ayant le niveau universitaire n’est que de 1%. Le système éducatif confronte pas mal de problèmes et des difficultés liés tant qu’a l’accès qu’a la qualité de l’éducation. Le pourcentage  de redoublants reste important tant au niveau  du secteur public qu’a celui du privé. Il est beaucoup plus élevé dans le secteur public ou 24% des élèves de première année sont des redoublants contre 14%seulement au privé. En ce qui concerne le milieu rural, on y trouve18%  d’élèves de 1ere année qui redoublent contre 15% en milieu urbain

 Les  taux de scolarisation des 10-14 restent  plus élevés que ceux des 6 à 9ans Cet accès tardif à l’école qui explique la présence des sur âgés dans les classes du primaire n’est pas neutre  sur la performance du système. Les taux d’abandon et de redoublement, par exemple restent à des niveaux élevés. Le pourcentage d’enfants ayant bouclé un cycle d’études complet diminue, passant de 45%en 1993 à environ 35,5% en 2002, alors que le pourcentage des sur âgés passe de 24,7%en 1996 à un peu plus de 42%. La durée vie  scolaire d’un enfant en moyenne est de 3 années 9 mois ce qui est nettement insuffisant pour lui garantir un bagage suffisant. La déscolarisation précoce des enfants  constitue un enjeu majeur  pour le système  éducatif. On estime  en effet  que seulement deux enfants sur 10 qui entrent en première année du primaire atteindront la 5eme année et encore moins de 2% termineront le secondaire. Selon les données  statistiques  de 1999-2000,21% des enfants de 6 à 9 ans  ne sont jamais allés à l’école. La raison principale évoquée réfère au  fait  que les enfants à cet âge manquent d’autonomie pour parcourir à pied  les nombreux kms séparant  leurs habitations des établissements. La carte scolaire  en Haïti ne correspond pas à des demandes   exprimées selon les besoins géographiques.

   b) Une école gérée par le secteur prive

Le système d’éducation en Haïti se caractérise par un taux élevé d’établissements d’enseignement privé comparé au nombre d’établissements publics. Plus de 65% des écoles du pays appartiennent au secteur privé.Sur les 889.380 écoles du primaire, seulement 320.000 sont inscrits dans les écoles publiques. Au niveau secondaire, le ratio écoles privées \écoles publiques est encore plus élevé qu’au primaire.84% des écoles du secondaire  sont du privé.

   Le secteur privé contrôle 67% des écoles fondamentales, 75% des écoles secondaires, 80% des universités.La privatisation de l’éducation s’accompagne d’une augmentation vertigineuse des frais scolaires. Entre 1993 et 2008  ils augmentent d’environ 60%. C’est la famille qui finance  globalement  l’éducation. Le financement de l’éducation connaît trois sources d’après Serge Petit Frère : l’Etat 7%, les donateurs  étrangers 32%(16%par voie bilatérale, 16% par le biais de ONG) et les familles 61%  avec une part active de la diaspora…

c)Des enseignants non qualifies pour un système éducatif

 Seuls 15% des enseignants engagés ont le profil académique requis pour enseigner. L’ancien ministre de l’éducation Nationale   Merisier 2002 : seuls trois des dix départements   scolaires du pays en 1999  ont pu accuser un taux de réussite  aux examens de 6eme année qui dépasse 50% des effectifs concernés. Ce taux est de 6% dans le département du Nord -0uest.

d) Des infrastructures inappropriées

  Le manque d’infrastructure  scolaire  s’ajoute à la faiblesse générale  de l’infrastructure  nationale, pas assez de locaux ni de routes  pour permettre à  des inspecteurs de visiter régulièrement certaines écoles

e) Une école sans ouvrages scolaires

  L’inexistence ou l’inéquation des manuels  scolaires constitue  une des faiblesses du système. Si au niveau primaire les titres sont bien nombreux, ils ne sont pas  également distribués dans le pays, le secteur urbain  demeure  nettement favorisé. Au niveau secondaire les élèves ne disposent pas d’outils appropries a un enseignement régulier.

f) Des difficultés économiques pour les parents

Le manque de ressources  tant au niveau des ménages qu’au niveau de l’état, mêlé à une instabilité socio politique affectent le système éducatif haïtien. La pauvreté et la marginalisation font  qu’un grand nombre d’enfants haïtiens  ne peuvent jouir de leur droit à l’éducation. Les enfants qui vivent en milieu rural sont les plus touchés. Les filles quoique  plus nombreuses   vont moins à l’école que les  garçons : 49% des filles vont à l’école contre 52%  pour les garçons.

g) Un enseignement supérieur mal pensé

L’enseignement Supérieur prolonge les difficultés du système éducatif haïtien. Le morceau du budget consacre a l’université est dérisoire soit de  1%.Il en est résulté  une inadéquation entre les capacités d’accueil et les demandes des jeunes. Près de 40.000 élèves  passent le baccalauréat 2eme partie pour 4000 places seulement à l’université d’état. Encore  le prive supplée toujours  dans sa logique un peu plus  de maximiser les profits.

 

 

Les réalités du système éducatif  haïtien  permettent de se dire que ce secteur n’est pas un centre d’intérêt manifeste pour l état du pays.Les éléments qui rendent compte de cette analyse sont les suivants :

·      Un morceau bien faible du budget consacré à l’éducation……

De ce faible montant il a été prouvé que 90% sont destinés au paiement du personnel et seulement 10%sont destinés au matériel didactique,à la formation du personnel,aux frais de fonctionnement et de déplacement.

·      Exclusion d’un pourcentage trop grand d’enfant  au processus d’apprentissage.

·      Faiblesse de préparation des enseignants.

·      Absence de contrôle de l’état   des travaux scolaires.

·      Manque exagéré infrastructures scolaires.

·      L’inexistence de matériels scolaires.

·      Un milieu rural totalement défavorisé

·      Le flou de la politique éducative.

·      Le caractère vétuste des lois

  Qu’il me soit permis  a cette phase de la  présentation  de partager avec l’assistance le travail admirable qu’est en train de réaliser la commission d’éducation du parlement pour doter le système  d’un corpus juridique approprié aux réalités nouvelles que commande le développement du système .A ce compte,  des  forums nationaux sont tenus  à ’échelle de tous les  départements  pour  réunir des informations bien pertinentes à l’effet d’enrichir les lois des expériences  de tous les ouvriers de l’éducation .  .  Il est important de regarder l’éducation dans son état actuel comme cause et conséquence de nos drames. Les deux plus grands fléaux qui entravent le développement  de la société sont l’ignorance et la misère. Ils doivent être   combattus. Pays classé dans la catégorie des PMA, il fait face à de nombreux défis d’ordre socio  économique et  environnemental, dégradation des ressources naturelles, de désastres naturels.. L’école représente l’avenir ; elle est le seul moyen d’accès à la culture et symbolise le changement de tout un peuple.

   Réaffirmons que l’éducation est un facteur clé du recul de la pauvreté, de la reconnaissance et de la garantie de la dignité humaine. Elle est un puissant levier de développement. Le droit à l’éducation n’est pas une simple  affaire technique et financière. Il s’inscrit avant tout dans une volonté politique commune de construire  de nouveaux rapports  entre les peuples pour un monde équilibré et solidaire. Le plus sur des enjeux pour le développement de l’équilibre de la société haïtienne demeure  une prise en charge plus responsable  de l’éducation.

 

 

 

 

La contribution de la diaspora.

 Sans vouloir  être pessimiste ,qui n’a rien voir avec ma philosophie existentielle, les réalités qui entourent le système éducatif haïtien ,les conditions qui expliquent le fait sont telles que l’on ne pourra espérer pour demain une amélioration quelconque. A mon humble avis ,sans une transformation profonde de la société, sans un changement  des conditions d’exister de citoyens,sans une augmentation de la production nationale,sans une décentralisation effective, sans une volonté réelle  de la part des dirigeants, sans une augmentation du budget consacré à l’éducation (en 2006-2007 seulement 8.86% du budget, en 2007-2008, 8.61%), sans un choix définitif  d’un système , sans des locaux adéquats,sans des professeurs qualifiés, sans des dirigeants bien imbus de leurs responsabilités,Haïti, la grande terre de la liberté ne pourra connaître des lendemains  positifs et nos enfants n’auront pas un héritage   dont ils seront fiers.

  Le pari est à engager et si nous nous mettons avec détermination,   nous  pourrons créer un espace porteur de toutes les conditions agréables pour tous les fils de la Patrie. Cette démarche doit être accomplie sans aucune exclusion. L’on doit se mettre à chercher toutes les compétences haïtiennes où qu’elles se trouvent pour les intégrer dans une politique de grande vision pour la société. Je veux prendre prétexte de cette rencontre pour lancer  ce qu j’appelle judicieusement : Comité d’experts de la Diaspora. Il sera chargé de canaliser  toutes les idées et initiatives de la diaspora, afin de l’amener à s’engager résolument dans les programmes de reconstruction. La diaspora  compte beaucoup de nos cadres parmi parmi les plus intellectuellement et les mieux techniquement outillés

  J’aime utiliser le mot d’un chercheur sur la diaspora  haïtienne : Nos professeurs d’université, nos médecins spécialisés, nos ingénieurs, nos économistes- beaucoup de  nos compétences sont  sous  exploitées  ou pas exploitées                                                                                   

du tout dans les milieux de la diaspora, alors que les besoins sont immenses en matière reconstruction et   de développement

  Chaque haïtien qui aime son pays doit se sentir interpellé pour donner sa petite ou sa grande contribution à l’édification de notre société nationale.

En attendant le plan global d’intervention, la diaspora pourra, après la mise sur pied d’un comité  légitime conduire des actions ponctuelles  dans des départements –à commencer par le Plateau Central que je représente au sénat. Elles prendraient les formes suivantes :

  • Dons de fournitures scolaires aux enfants défavorisés.
  • Aide à la construction d’écoles dans les milieux ruraux.
  • Aide à l’achat des outils pédagogiques.
  • Accompagnement des enfants dans les zones reculées dans leur scolarité.

 

  Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, j’espère que le temps à m’écouter a servi à apporter éclairage sur le système éducatif haïtien, ses manifestations, ses lacunes. Je  me dirai  que l’objectif de la rencontre aura été atteint lorsque pourra se mobiliser toute la diaspora en vue d’une participation  éclairée à l’œuvre de reconstruction de la seule richesse que nous avons en commun ; Haïti la terre de Dessalines et de Charlemagne Péralte.

    Merci de votre attention. Que s’ouvrent les débats  pour donner à  la rencontre  un caractère plus   participatif. Merci

 

Boston, le 26 avril 2009.